Au Mali plus de 80% des femmes sont excisées. Malgré des associations qui essaient d’aider les femmes, l’excision continue. Récemment, l’ex mannequin Katoucha Niane, décédée il y’a peu de temps, avait décidé de sortir un livre pour parler de sa douloureuse expérience. Aujourd’hui, des femmes continuent de témoigner, même si cela est difficile. Une femme d’origine malienne de 49 ans fait partie des femmes qui racontent leur expérience. Nous avons choisi de l’appeler Sonia pour respecter son anonymat.
L’expérience qu’a vécu Sonia est encore très difficile à raconter aujourd’hui. Quand elle a su qu’elle devait témoigner, elle a insisté pour ne pas être photographiée ni citée. Elle a finit par se sentir à l’aise et à décidé de parler. C’est avec les yeux pleins de larmes qu’elle a commencé son récit. « Quand j’avais 7 ans, j’étais avec ma petite sœur et ma mère. Ma mère nous a dit qu’on allait se promener dans la forêt. Mais elle nous a emmené chez une de nos tantes et j’ai compris qu’elle avait menti. »
Une fois chez sa tante, elle voit sa mère dans le salon qui dit bonjour aux autres membres de famille. Puis la maman demande a ses deux enfants de se déshabiller et d’aller prendre une serviette de bain. « Nous sommes ensuite montées dans la salle de bain et notre tante est arrivée avec une lame. Je n’ai pas compris ce qui se passait mais j’avais très peur. » Sonia s’interrompt, tremblante. Après une pause, elle continue son histoire douloureuse : « Ma sœur a essayé de s’enfuir, mais ma mère l’a rattrapé et l’a forcé à rentrer dans la salle de bains. Je me souviens qu’il y avait beaucoup de sang, des cris, des larmes… Comme il n’y avait pas d’anesthésie, ma sœur a été infectée et n’a pas pu être sauvée. »
Depuis ce terrible évènement, Sonia n’est jamais retournée au Mali. Elle envoie un peu d’argent à sa famille, parle à ses parents parfois au téléphone, mais ne veut plus y retourner. « J’ai trop peur de retourner dans mon pays et d’y emmener mes enfants. J’ai peur qu’ils vivent la même chose ».
Aujourd’hui, Sonia vit à Paris avec son mari et ses cinq enfants et très peu de personnes connaissent son histoire. Elle voudrait que toutes les femmes qui ont subi l’excision puissent en parler pour témoigner et dénoncer cette pratique.
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